Le blog de Stéphanie ...

Récit 2014

Le Tor des Géants ... un rêve qui va devenir réalité ... 330km, 24 000m de D+, à boucler en moins de 6j et 6h.

Je suis très stressée avant le départ, dans le doute total de la faisabilité d'une telle épreuve.

Et finalement, j'ai réussi à boucler ce périple en à peine 122h, soit avec plus de 24h d'avance sur la barrière horaire. Je termine 133ème sur 740 partants et 10ème féminine (2ème française) sur 90 partantes. Et avec le recul, la course a été beaucoup moins difficile que ce à quoi je m'attendais. Le fait d'avoir le temps aide beaucoup. On a le temps de dormir, et on sait que si ça ne va pas, on peut faire une vraie nuit, le temps de se requinquer. Au final, c'est une longue rando, avec des nuits courtes ! Je ne me suis pas ennuyée, le temps a passé très vite, rythmé par les différents ravitaillements. Je m'étais préparé 7 profils, pour bien découper la course en 7 étapes. Une course où l'on mange beaucoup et très bien, je passais mon temps à manger ! De belles rencontres, des moments inoubliables. Au final, je n'ai pas vraiment souffert, je n'ai pas été en mode zombie et je n'ai pas eu d'hallucinations. Et on a eu la chance d'avoir de bonnes conditions météo.

A refaire ... pourquoi pas ... Peut-être en mode plus cool, pour mieux profiter des paysages et des refuges !

En conclusion, c'est une super aventure que je souhaite à tout le monde de vivre :)

 

Je ne me souviens plus trop dans le détail du parcours, c'est un parcours de montagne, avec des passages roulants, d'autres plus techniques. Mais rien de difficile. Quelques passages câblés, mais plus pour rassurer. Je ne détaillerai donc pas trop le parcours, mais plus mon aventure. Je n'ai pas pris de photos, il y en a plein sur le site du Tor.

 

Profil:

tdg-profil-2014.jpg

 

 

Dimanche 10h, le départ est donné. On commence par une descente dans Courmayeur, de quoi s'échauffer. Puis commence la 1ère difficulté: la montée au col de l'Arp. Rien de difficile, une montée douce, herbeuse. On est à la queue-leu-leu, le rythme me va bien. Beaucoup de monde, vivement que le troupeau s'étire. Beaucoup de spectateurs, des bravo, bravi, brava, bravissimo, grandé ... ça fait plaisir. Et c'est marrant, la liste des coureurs était publiée dans le journal, du coup les gens sont avec leur journal, cherchent ton n° de dossard et t'encouragent par ton prénom ! Dès la descente les écarts se font. Beaucoup marchent, moi je cours. Est-ce une erreur ? La descente est douce, je ne force pas, je me laisse aller. 1er ravitaillement, je prends quelques pruneaux et je repars. Direction la Thuile, une descente pour moi: peu pentue et bitumée, je double beaucoup de monde. Ravitaillement express à la Thuile, je me fais un sandwich au fromage et un à la viande séchée et je repars. 2 cols à monter, dont le col Crosatie où un coureur chinois avait trouvé la mort l'an dernier. Pourtant, rien de difficile. La montée est un peu raide et le vent se lève, je m'arrête enfiler ma veste. Descente à Planaval puis arrivée à la 1ère base vie: Valgrisenche.

 

A Valgrisenche, il n'est que 20h, je n'ai pas encore sommeil, je ne reste pas dormir. Je récupère mon 1er pin's (on nous donne un pin's à chaque bas-vie, comme cadeau finisher de l'étape, le but étant de récolter les 7 pin's), et je vais manger. Et ô bonheur, du riz blanc. Mon estomac me faisait des siennes, je rêvais de ce riz blanc. Des oeufs pour les protéines, banane, gâteau et je vais me changer pour la nuit. On m'emmène dans une superbe chambre, où je suis seule, avec douche et toilettes. Dommage qu'il soit si tôt. J'enfile juste un collant et ma frontale, et je repars pour ma 1ère nuit dehors. La deuxième étape est réputée difficile avec trois cols à monter: le col fenêtre, Entrelor et le Loson. Dans la montée au col fenêtre, je m'endors, alors je demande à dormir au refuge de l'épée, qui, m'avait-on dit est très bien. On me répond "non" ! Comment ça non , je croyais qu'on pouvais dormir dans tous les refuges ? Visiblement non ... Du coup, je suis obligée de continuer jusqu'à Rhêmes. Où là on m'emmène dans un petit dortoir de 7 lits. Je demande à être réveillée 2h plus tard. Mais je me réveillerais naturellement au bout d'1h30. Entre temps Arnaud arrive et demande aussi à dormir, seulement 1h. On l'installe dans le lit contigü au mien, mais il ne me reconnaît pas. Il repart persuadé que je suis 3h devant lui ! Ce sommeil m'a fait du bien, mais n'a pas été suffisant. Je m'endors de nouveau dans la montée à Entrelor, je pique du nez, et impossible de m'arrêter dormir. La montée est terrible, je me demande même si je ne devrais pas faire 1/2 tour. D'ailleurs, d'autres coureurs sont en sens inverse. Mais non, je m'accroche, faisant des pauses tous les 200m ! Je me dis que je redormirai à Eaux Rousses. Mais là, je ne vois rien pour dormir (j'apprends après qu'on pouvait dormir), et le jour se lève et me réveille. Donc je repars pour monter au Loson, le point culminant du Tor, à 3300m. A Eaux Rousses, j'ai mis le short mais on monte à l'ombre, et j'ai tellement froid que tant pis, je m'arrête remettre le collant, que j'enlèverai 20' plus tard ! Cette montée va être longue, longue, longue ! Je m'arrête tous les 200m, pour m'assoire, manger, remanger ... Et enfin le sommet, ouf ! Longue descente vers Cogne, deuxième base vie. Je reçois des textos me disant qu'Arnaud est 1h devant, donc je devrais le rattraper à la base vie.

 

J'entre dans la base-vie de Cogne, il est 15h donc je ne dors pas. Il fait chaud donc je ne me change pas non plus. Je vais au buffet, et là je vois des escalopes de dinde. Hummm :) Avec du riz, et des pommes de terre. Salade de fruits. Entre temps, je vois Arnaud, qui a presque fini. Je me dépêche et nous repartons ensemble. Longue montée jusqu'à la fenêtre de Champorcher. On n'a pas tout à fait le même rythme, alors on fait le yo-yo. Il s'arrête aux ravitos et me rattrape ensuite. Dans les descentes je vais plus vite mais il me rattrape quand je fais mes pauses. Au refuge Chardonney, grand plaisir: des yaourths au café, style Danette. Ils sont tellement bons que j'en prends deux ! On s'habille pour la nuit et on entame la longue descente jusqu'à Donnas. Terrible descente, interminable, surtout l'arrivée sur le bitume où l'on traverse plusieurs villages. On fait le yo-yo avec un autre coureur (Christian) qui ressemble beaucoup à Julien, c'est troublant. Je le reverrai jusqu'à Valtournenche, où lui choisira de ne pas s'arrêter dormir. J'ai mal au dos, mon sac est lourd. Je ne sais plus comment le porter: derrière, devant, penchée en avant ... Et enfin la base-vie.

 

A Donnas, je commence par mettre mes tongs pour faire respirer mes pieds. Je vais au buffet. A partir de cette base-vie, il faut demander les plats chauds, qu'ils servent au fur et à mesure. Alors je demande une escalope, et je prends du riz et des pommes de terre avec des tomates. Salade de fruits, et "croissant" à la confiture. En fait, c'est plutôt un pain au lait. Arnaud ayant mal aux pieds et aux jambes va voir l'équipe médicale, et nous nous séparons là. Je vais me doucher puis me coucher. Je mets le réveil 4h plus tard, mais je suis réveillée au bout de 2h30. La pièce est sur-chauffée, mais je dors bien. Et là, au moment de remettre mes chaussures ... mes pieds ont tellement gonflés que je ne rentre plus dedans ! Je mets les chaussettes les plus fines que j'ai, et je me dis qu'ils finiront pas dégonfler. Rien du tout ! Je sens déjà des ampoules se former au bout de 10mn. GRRR. Passage au pont St Martin, avec soit-disant du chocolat. Mouais, ce sont juste des carreaux de chocolat noir. Bien plus intéressant par la suite, je vais trouver des figuiers, et des figues. Hmmm, ça fait du bien. A Perloz, je croise le père de Christian, avec qui je discute un peu. Là, il y a des beignets, ça change. Montée au refuge Coda, c'est long. Christian me double, et je prends le temps de cueillir des myrtilles. Arrivée en haut dans le brouillard. Et même une averse à la descente. Et là, grosse erreur. Il y avait des barres de céréales chocolat-amandes. Je suis allergique aux amandes, mais vu que maintenant j'arrive à manger de la pâte d'amande et des noisettes, je me dis que je dois pouvoir en manger. Erreur ! Je croque dans la barre, et je sens la bouche qui gonfle et qui gratte. Et mal au ventre. Je vais rester mal pendant bien 2h. Quelle idée ! La descente jusqu'à Largo Vagno est longue, et avec quelques bosses. Entre temps, des dames proposent un ravitaillement non-officiel, avec figues, prunes, tarte au fruits. Je me laisse tenter malgré mon mal au ventre, et ça a dû me faire du bien. Pas pour très longtemps ! Je m'assoies au bord du chemin, et là arrive une fille, très sympa, qui me parle, du coup ça me motive et on repart ensemble. Meghan, elle est américaine. Et en rentrant, je m'aperçois qu'elle a déjà gagné le marathon des sables ! Et que c'est une très bonne coureuse, qu'elle était dans les top runners ! Et pourtant, elle reste très sympathique, contrairement à toutes les autres filles que j'ai croisées. J'ai couru avec une star sans le savoir ! On ne reste pas longtemps ensemble, elle monte plus vite, et je descends plus vite. On va faire le yo-yo jusqu'à Niel. Après je ne la reverrai plus. J'apprends qu'elle termine la course samedi dans la nuit. Du ravitaillement de Largo Vagno, de nouveau de la pluie. Pendant environ 1h. Pfff. Heureusement ce passage n'est pas difficile. Quelques bosses en altitude, avant d'atteindre le succulent ravito du col della Vecchia. On me propose une polenta, je dis oui. Pourtant d'habitude je ne m'arrête pas aux ravitos, mais là je me laisse tenter. Et de la viande cuite sur une pierre, sur le feu ! Un vrai régal. Il commence à faire frais, je m'habille et je repars. Et là c'est le début de la fin. Quelques gouttes, je mets la veste et les surmoufles. Les gouttes s'intensifient et se transforment en déluge. Je suis en short, je commence à avoir froid. L'eau me dégouline sur les jambes. Le chemin s'est transformé en ruisseau de boue, les pierres glissent, c'est l'horreur. J'arrive à accrocher deux coureurs, je ne veux pas les lâcher. Mais la nuit tombe, je suis obligée de m'arrêter sortir la frontale. Je me retrouve seule, dans la nuit, sous la pluie, en ayant froid. Et aucune vision de Niel, prochain ravitaillement. Enfin au loin des lueurs, mais elles sont loin ! Pourtant c'est bien ça, et je finis enfin par y arriver. Dans ma tête beaucoup de questions: comment vais-je pouvoir repartir si la pluie continue ? J'en ai marre, j'ai froid, je suis mouillée. Il faut que je dorme jusqu'à ce que la pluie s'arrête. J'imagine une chambre à 4 lits, où je peux étendre mes affaires, et dormir au chaud. Je demande donc à dormir, mais la bénévole me le déconseille, parce que c'est sous la tente, qu'il fait froid et humide. Alors j'entre dans le refuge, prends une polenta chaude, et je décide d'attendre un peu, voire comment mon état évolue. Je m'installe à une table avec 4 autres personnes. 2 dames qui passent la nuit au refuge, et deux accompagnateurs. Je sors mon pull pour me réchauffer, il a pris l'eau ! Alors une des dame me prête son pull. Ca me remonte le moral. Je mange ma polenta, pas terrible mais au moins c'est chaud. Et je discute avec les deux accompagnateurs, belges, très sympas. En fait, la fille je l'avais déjà vu sur d'autres ravitaillements, elle me dit que j'ai le même rythme que le coureur qu'elle suit. Et son ami a fait le Tor l'an dernier, alors il me donne des infos sur la portion qui m'attend. Entre temps, la pluie s'arrête, et comme je me suis réchauffée, je décide de repartir, la base-vie suivante étant à 4-5h d'ici. J'ai mis mon collant, le surpantalon, et le jeune homme me prête ses gros gants, puisque je le reverrai à Gressonney, donc je pourrais les lui rendre. Ca me fait super plaisir. Je repars donc, pour la montée au col Lassonney. Je crois que je n'ai jamais monté aussi vite ! J'en au même chaud, je suis obligée d'enlever une couche. Trouver le chemin est quelque peu difficile, mais je finis par arriver au sommet. En haut c'est plat, herbeux, et surtout marécageux ! Je cours les pieds dans l'eau froide, très agréable ! Petit à petit avec la pente, l'herbe devient moins trempée, et je peux courir. A Ober Loo, super ravito de fromages, mais Gressonney étant à 4km, je ne m'attarde pas. La descente est infernale, sur les pierres mouillées, ça glisse. Et enfin l'arrivée dans la ville.

 

A Gressonney, belle base-vie. Personne pour m'accueillir, j'ouvre moi-même la porte du gymnase. Et là je vois immédiatement des rembardes où je vais pouvoir faire sécher mes affaires. Je commence donc par me déshabiller, étendre toutes mes affaires et je file à la douche. Je mets du papier journal dans mes chaussures pour les sécher le plus possible. Je vois le père de Christian, qui lui dort déjà. Puis je reviens manger, de la dinde, des pâtes, du blanc d'oeuf, salade de fruits, yaourts, gâteaux et je vais dormir. Un dortoir spécial filles, on doit être 5 ou 6. Je mets mon réveil 4h30 plus tard mais je me réveille au bout de 3h30. En sortant, je croise Arnaud en train de manger. Il a dormi à Niel, dans la tente frigo. Je croise aussi Toto qui arrive. Je repars à 6h15, il fait jour.  Je repars avec mes chaussures mouillées. Si je les laisse dans le sac coureur, elles ne vont pas sécher et seront inutilisables. Je change tout de même les semelles. Semelles et chaussettes sèches, c'est mieux que rien. Montée au col Pinter, puis descente sur St Jacques. Avant la descente, je décide de regarder mes ampoules et de les percer. Je repars, ça fait mal ! Je sais que c'est juste l'affaire de quelques temps, mais en attendant ça fait mal. Dans la descente, je passe au top ravito non-officiel: Aroulaz. Des flans, tartes aux myrtilles, pain au raisin et miel ... Un régal ! J'en profite bien, et je repars pour le ravito suivant. Je leur demande s'ils ont des pansements, mais ils n'ont rien. Alors je repars. Le profil semble en descente, mais en fait c'est vallonné. Arrivée à St Jacques, je ne vais pas voir les médecins, mes ampoules vont mieux alors je repars pour le refuge du Tourmalin. Je m'endors dans la montée, j'enchaîne les pauses, je pique du nez. Puis bizarrement l'endormissement passe, j'accélère pour le réveiller et j'arrive au refuge. Encore un super ravito avec de la salade de fruits. J'en prends deux gobelets ! Je termine la montée au col, encore quelques bosses puis longue descente jusqu'à Valtournenche.

 

A Valtournenche, j'entre à 18h. Il est tôt pour dormir, mais le temps que je mange, que je me douche, que je me fasse soigner les pieds, il sera 19h30. Encore tôt, mais au moins je peux rester dormir longtemps. Je décide de dormir là, tant pis pour la perte d'1h de jour. Je commence par la douche, puis il y a la queue chez le podologue alors je vais manger. Salade de pommes de terre avec de la dinde, tomates, salade de fruits, blanc d'oeufs, gâteaux, banane, yaourt. Je discute avec une américaine, qui me demande mon âge, pour me dire "OK on n'est pas dans la même catégorie". Et après je crois qu'elle me dit un truc sur son classement, visiblement elle vise un podium chez les jeunes. Je retourne voir le podologue, il n'y a plus la queue alors je me fais soigner. Il me met de l'éosine dans chaque ampoule, et un pansement par dessus. Mais en fait, j'ai encore plus mal après qu'avant ! Je vais me coucher, je mets le réveil pour minuit mais je me réveille un peu avant. Je n'ai pas très bien dormi. Entre temps Arnaud est arrivé et dort dans le lit d'à côté. Lui met son réveil pour 2h. Je repars donc, je badge à minuit pile. J'ai changé de chaussures, histoire de calmer les ampoules, mais de toutes façons elles sont là, donc ça ne change rien. J'ai même l'impression que la semelle de celles-ci est moins amorties, je sens plus le sol. Dur de repartir en pleine nuit. Je repars de la base-vie avec un réunionnais, sans bâtons. Puis un franc-comtois nous rejoint, et nous faisons un bout de chemin ensemble. Je finis par les lâcher dans une montée, ils vont trop vite. Je commence à piquer du nez, je décide de dormir dans le prochain refuge: le bivouac Reboulaz que j'atteins à 5h30. Je dors 1h, pour repartir de jour. Cette heure a été bénéfique, je repars d'un bon rythme. Et je vais rattraper mes deux compères quelques temps plus tard. Eux aussi ont finalement dormi là. On ne reste pas ensemble, on ne va pas au même rythme. Cette portion reste en altitude, avec de nombreuses bosses. Et enfin la vraie descente vers Oyace, que je descends bien. Long passage en ville, où on croise les coureurs qui ressortent du ravitaillement. Je ne m'arrête que 5' et je repars pour la montée au col Brison. Il fait chaud, mais heureusement on va vite passer à l'ombre. Puis descente vers la dernière base-vie: Ollomont. Dans la descente, je rejoins Sébastien, le franc-comtois. On arrive ensemble à la base-vie.

 

A Ollomont, j'arrive à 17h15, cette fois je ne reste pas. Je me lave juste les pieds pour changer de nouveau de chaussures, je mange et je repars. Le repas est délicieux, il y a même une carte affichée dans toutes les langues. Je choisis de la dinde avec des pommes de terre, une salade de fruits, yaourt, croissant, banane. En partant, je croise Toto qui partira peu après moi. Dernière étape, je réalise que je vais terminer. D'ailleurs tous les bénévoles nous disent "dernière étape, la prochaine fois c'est Courmayeur". C'est émouvant, j'en ai les larmes aux yeux. Je vais y arriver, je vais terminer ... Montée au col Champillon, avec passage au refuge. Il commence à faire froid, je mets le collant sans même attendre d'être au refuge. Et toutes mes couches, et même les surmoufles. Au refuge, j'hésite à dormir. C'est soit là, soit à St Rémy 4h plus tard. Je décide de repartir. Pour la 1ère fois je bois un thé pour me réchauffer. La nuit tombe, je sors la frontale. J'atteins le col, c'est magnifique. La nuit est claire, paisible, ma dernière dehors, j'en profite. Descente vers le ravito suivant, une cabane de bergers. Dans la descente je m'endormais alors je demande à dormir (même si au refuge précédent on m'avait dit que ce n'était pas possible). On me dit OK pour 1h. Mais je veux dormir plus, alors tant pis, j'attendrais St Rémy. Il y a du super pain aux raisins et pistaches, et je bois du thé. S'ensuit une longue partie sur une piste, soit-disant plate, mais que je ne trouve pas plate ! D'abord en montée, puis en descente roulante, parfaite pour courir. Je commence à souffrir des pieds, le talonnage je crois que ça s'appelle. J'ai mal à force de taper le sol, à cause des impacts. Je cours quand même, sinon ce sera trop long. Je vois des flèches St Rémy 10mn, yes, j'arrive, je vais pouvoir dormir. Mais en fait, je vais mettre 40mn à atteindre le ravitaillement ! Je me demande même si je n'ai pas raté le ravito. Quand enfin j'entre dans un autre village, et là je vois les lumières. Je demande à dormir 2h. La température est bonne, mais je n'ai pas dormi. Je commence par avoir un ongle incarné qui se déclare et me fait atrocement mal, même sans rien faire. Puis mes muscles se relâchent et me font mal, puis la plante des pieds. Je me masse, je me tourne dans tous les sens, mais rien n'y fait. En plus il y a beaucoup de mouvements, c'est bruyant. Les 2h passent et je n'ai pas dormi. Je me dis que ce n'est pas du temps perdu, que je me suis reposée. En partant, je vois Sébastien qui dort, et je croise Toto qui n'a dormi qu'1/2h et qui est déjà prêt à repartir. Je repasse faire un tour au ravito pour remanger, et je repars, pour la dernière montée, la montée au col Malatra ... Et bien évidemment, j'ai sommeil. Sauf que le prochain refuge n'est que dans 3h. Et il fait froid, donc impossible de m'arrêter. J'essaie de marcher vite pour me réveiller, mais rien n'y fait. J'essaie d'accrocher les coureurs qui me doublent, mais je n'y arrive pas. Sébastien me rejoint, mais il monte trop vite. Je vois tout en haut des lumières, ça doit être le refuge. Mais ça me semble beaucoup trop haut, j'espère que ce n'est pas ça et qu'il sera avant. Même si je sais que j'ai 1000m à monter et 3h avant de l'atteindre. Soudain, je vois d'autres lumières. C'est mieux ça, c'est déjà plus bas. Ah oui, ça doit être ça. Sauf que non !!! C'est juste une ferme. Alors le refuge ne peut être que les lumières tout là-haut. C'est loin. Je prends mon mal en patience, et petit à petit j'y arrive enfin. Il est 5h40. L'ambiance est très bizarre à l'intérieur. Pas un bruit, tout le monde somnole sur les bancs, probablement pour attendre que le jour se lève. Je bois un thé, et me couche également sur un banc. Toto est là, Sébastien aussi. Et je fais la connaissance de Thierry, alias Marcassin, un sénateur. On repart tous les trois avec Sébastien et Thierry. Thierry est en crocs, il a mal aux pieds. La montée est émouvante, on va passer notre dernier col, c'est magique. En plus à la bonne heure, on a même droit au lever du soleil. Ca y est, on est en haut. Vue sur le Mont Blanc d'un côté, et tout le Tor qui se referme derrière nous.

 

Tor Malatra.jpg

 

Séance photo, et on se laisse descendre jusqu'à Courmayeur. A priori 4h de descente. Passage à Bonnati et Bertone, à l'envers de l'UTMB. On se sépare dans la descente, on savoure chacun notre Tor. On croise de plus en plus de spectateurs, l'arrive se rapproche. Passage dans Courmayeur, le tapis rouge et le podium d'arrivée. L'arrivée est trop rapide, je m'attendais à plus long. Niveau ambiance à l'arrivée, ce n'est pas extra, je rêvais de beaucoup mieux. Pourtant je suis arrivée à midi, mais le fait qu'on arrive au compte-gouttes, fait qu'il n'y a pas foule. Je n'ai pas eu l'arrivée de star dont je rêvais ! Thierry est là, il vient juste d'arriver.

Tor marcassin.jpg

 

On m'annonce 10ème féminine, ça, ça va faire plaisir à André, top 10 ! Pendant la course je connaissais mon classement général, mais jamais le classement féminin, alors c'est une bonne surprise. Je suis super contente d'avoir réussi, je ne réalise pas encore, l'émotion viendra après. J'attends que Sébastien arrive avant de rejoindre le Sport Center, pour me doucher et me coucher, et pour attendre Arnaud qui finira juste 2h30 plus tard. Pendant que j'attendais, une journaliste, Valérie vient vers moi pour me proposer son aide. Ca m'a fait super plaisir. Elle restera une de mes belles rencontres de ce Tor, tout comme les quelques coureurs avec qui j'ai partagé quelques kilomètres: Christian, Meghan, Sébastien, et Thierry. Et ceux avec qui j'ai simplement échangé quelques mots, quelques encouragements, quelques sourires.

 

 

Après la course

Je me couche vers 18h pensant juste faire une sieste, et quand je me réveille, il fait jour, et il est 7h du matin ! Une bonne nuit réparatrice. Je me remets rapidement, sans trop ressentir de fatigue en journée. Mes douleurs aux pieds disparaissent également rapidement, et à J+2 je remarche normalement, je suis prête à repartir !

 

Un grand merci à tous ceux qui m'ont soutenue et suivie, un grand merci pour tous vos messages.

 

Plus d'infos sur:

mes temps de passage

ma préparation

mon matériel

des infos pratiques

 


 



16/09/2014
9 Poster un commentaire